claire 0641 webLa Pole Dance

 

La pole dance est une discipline gymnique officiellement reconnue depuis peu en tant que sport en Europe. C’est un mélange de danse et d’acrobatie sur et autour d’une barre métallique verticale, qui peut être fixe ou bien tourner librement autour de son axe, en fonction de la poussée exercée par le danseur ou la danseuse.

 

C’est une activité extrêmement physique, qui exige une force et une souplesse réelles pour évoluer librement et avec grâce, mais qui peut également prendre une forme très artistique et créative.

 

Historique

Il existe aujourd’hui différentes théories sur les origines de la pole dance. Le fait même d’utiliser une barre verticale pour exécuter des mouvements plus ou moins gymniques voire carrément acrobatiques remonterait au 12è siècle en Inde, chez des moines yogis. Intéressant, certes, mais très éloigné de la discipline qui nous intéresse ici, puisque les moines en Inde ne cherchaient évidemment pas à produire un spectacle, encore moins à caractère érotisant !

vane 07256 webLa plupart des sources s’accordent à dire que l’actuelle pole dance serait née au Canada, probablement dans les années 20, au moment de la Dépression. Des troupes foraines se déplaçaient alors de ville en ville, installant leurs multiples petites tentes autour de la principale, chacune réservée à une attraction spécifique. L’une de ces tentes, réservée aux adultes, abritait parfois les Hoochie-Coochie dancers, des jeunes femmes légèrement vêtues (pour l’époque !), ainsi nommées en référence au balancement suggestif (pour l’époque aussi !) de leurs hanches. Du fait de la taille réduite de ces tentes, la barre (pole, en anglais) centrale qui soutenait la toile devait se situer au centre même de la petite scène, et certaines filles ont commencé à s’en servir comme appui, avant de l’intégrer à leurs mouvements de danse, créant par là même un type de show plus spectaculaire et divertissant, qui ne perdait pourtant rien de sa charge érotique…

Lorsque la danse exotique quitta progressivement les tentes foraines pour s’installer dans les bars, avec l’avènement notamment du burlesque dans les années 50, la barre fut automatiquement incluse comme part indissociable de ce type de numéro. Bien sûr, tout comme aujourd’hui, beaucoup de strip-teaseuses n’utilisaient la pole que comme un simple appui, sans exécuter de véritables figures dessus.

Ce n’est que dans les années 70-80 que le strip-tease et la pole dance deviennent véritablement populaires, au Canada et aux USA notamment. Les clubs y fleurissent un peu partout, et le phénomène se communique bientôt à l’Angleterre et à l’Australie. L’ambiance généralement bon enfant de ces clubs les rend plus acceptables socialement, et la pole dance peut enfin se développer, lentement mais sûrement.

Au début des années 90, Fawnia Mondey, danseuse exotique canadienne, commence à enseigner cet art finalement très complet à des femmes n’ayant rien à voir avec l’univers artistique, ni avec le monde de la nuit. Elle produit également le premier DVD pédagogique de pole dance. Bien sûr, l’image politiquement incorrecte de la pole dance rend assez difficile, dans un premier temps, son acceptation par un large public.

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Cependant et malgré les préjugés, celles qui osent franchir la porte d’un de ces cours (souvent en cachette de leur entourage) commencent à manifester leur enthousiasme pour les aspects à la fois esthétique, ludique et artistique mais également très sportif de cette discipline, pourtant encore tellement décriée à cette époque. Peu à peu, d’autres danseuses comme Tammy Morris et Kelly Kayne (Canada) ou Katie Coates (Angleterre) suivent l’exemple de Fawnia. Chacune avec son propre style, ces danseuses et acrobates vont se battre avec le sourire, la bonne humeur et d’incontestables qualités physiques pour faire sortir la pole dance des clubs de strip-tease et la faire reconnaître pour ce qu’elle est : une fabuleuse manière de développer sa musculature et sa souplesse, en même temps que sa sensibilité artistique et sa confiance en soi, tout en s’amusant et en assumant mieux sa sensualité et – éventuellement - sa féminité.

Aujourd'hui

Contrairement aux apparences, la pole dance est accessible au plus grand nombre, physiquement parlant. Une des raisons de l’extraordinaire succès de la pole dance dans les pays anglo-saxons est justement cette accessibilité. Toute personne à qui son médecin dit : « Vous pouvez pratiquer un sport » par exemple la danse, la musculation, le judo ou le vélo, peut se mettre à la pole… les cours sont aujourd’hui de plus-en-plus sérieux et incluent généralement un échauffement complet et des étirements doux en fin de séance pour favoriser la récupération, ce qui est essentiel à toute activité physique finalement !

maxime 07006 webAujourd’hui, l’activité s’ouvre peu à peu aux hommes, et même aux enfants et aux ados. Les techniques sont les mêmes, mais les cours sont adaptés dans chaque cas en termes de durée, d’intensité et bien-sûr de style !

En France métropolitaine, on peut estimer aujourd’hui ce nombre à quelques 25 000, avec près de 250 écoles plus ceux qui pratiquent chez eux grâce à des DVD ou des tutoriels en ligne par exemple.

Le côté aérien de la pole la rend extrêmement ludique, on travaille son corps et ses capacités de proprioception tout en s’amusant et en apprenant à réaliser de très beaux mouvements, parfois réellement impressionnants, qui renforcent la maîtrise du corps et la coordination. On travaille tout le corps à la fois en souplesse et en tonicité, et tout particulièrement le haut du corps, la ceinture abdominale et l’ensemble du bassin. En effet, les bras, les épaules, le dos mais aussi les abdos et les fessiers sont sollicités en permanence, même pour exécuter les figures les plus basiques du niveau débutant. Le pratiquant développera donc force, souplesse, agilité, équilibre, coordination, proprioception mais aussi capacité respiratoire et travail du cardio, surtout dans les chorés… pas mal pour une seule discipline !

Un aspect important de cette discipline, dont on n’a pas forcément conscience tant qu’on ne l’a pas pratiquée, est l’assurance qu’elle procure. En effet, son côté acrobatique oblige les élèves à affronter trois craintes : celle de la chute, celle du choc contre la barre, et plus tard celle de la hauteur. Une fois ces peurs vaincues, le sentiment de force et de maîtrise est jubilatoire, surtout pour les personnes timides ou qui se considèrent comme peureuses. Car la pole n’est pas seulement esthétique, elle est aussi assez impressionnante. Lorsqu’on arrive au cours débutant, et que l’on se trouve capable d’exécuter des figures qui semblaient si difficiles au départ, on en ressort avec le moral et la confiance en soi gonflés à bloc !

Très spectaculaire grâce à son caractère aérien, la pole dance est de plus en plus présente dans les spectacles de cabaret, mais aussi de danse contemporaine, dans les cirques, ainsi que dans les productions audiovisuelles. Les spectacles musicaux, notamment, reviennent en force. La double-championne du monde de pole dance, l’australienne Felix Cane, a rejoint le Cirque du Soleil en 2009 dans leur spectacle sexy Zumanity, et aujourd’hui la pole est présente dans presque tous leurs spectacles. Les anciens préjugés tombent de plus en plus rapidement, et la pole devient une vraie valeur ajoutée pour un danseur ou une danseuse appelés à se produire dans des spectacles évènementiels, sur des plateaux TV ou dans les cabarets qui connaissent dernièrement un regain d’intérêt de la part du grand public. La discipline se prête d’ailleurs à tous les mariages de genre : rock, jazz, blues, soul, tango, salsa, classique, hip hop, orientale… La liste est loin d’être exhaustive, et le fait de varier les styles aide à faire comprendre au grand public que les vieux clichés qui se rattachent encore à cette danse du fait de ses origines ne sont plus d’actualité.

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D’abord l’apanage des pays anglo-saxons où elle est née, la pole dance se mondialise et devient, selon la façon dont elle est enseignée, une forme ludique de gymnastique ou un nouveau genre de danse aérienne. Le travail technique, lui, l’apparente clairement à un art aérien circassien, au meme titre que le trapèze, le cerceau ou le tissu aérien, la corde lisse ou le mât chinois. C’est pour distinguer les différents styles de pole que différents styles de compétitions ont vu le jour ces dernières années, notamment le Pole Art, le Pole Théâtre et les Pole Sports, et on assiste même à un retour du style sexy des strip-teaseuses des origines sous la dénomination de Pole Classic. Et c’est la raison pour laquelle on parle aujourd’hui plutôt de pole que de pole dance, afin d’englober tous les styles de la discipline, qui l’enrichissent et l’ouvrent à un public bien plus large qu’à ses débuts.

La compétition

marie et angie 09653 webLes compétitions dites de Pole Sports sont aux compétitions plus artistiques comme celle de Pole Dance, Pole Art ou Pole Theatre ce que le programme imposé est aux compétitions de patinage par rapport au programme libre. Et comme dans le patinage, les nouveaux talents détectés en compétition finissent parfois par intégrer des spectacles, qui eux aussi connaissent un succès croissant grâce à leur côté spectaculaire. Mais la pole est très récente, donc très “tendance”, alors que le patinage souffre aujourd’hui d’une image un peu désuète...

Sur un plan purement technique, la pole dance s’est peu à peu codifiée, comme la plupart des styles de danse, et les différentes figures ont reçu des noms, permettant de les distinguer les unes des autres, notamment pour l’enseignement mais aussi pour l’écriture des chorégraphies ou pour faciliter le travail des juges lors des compétitions. Mais l’extrême jeunesse de la discipline, ainsi que le rejet dont elle a longtemps fait l’objet de la part des danseurs ou sportifs « sérieux », a longtemps empêché une véritable uniformisation des noms des figures, et ils peuvent encore varier d’un pays à l’autre, ou même d’une école à l’autre. Malgré tout, et notamment grâce au travail des fédérations mondiales comme la Pole Fitness Association (PFA), l’International Pole Sports Federation (IPSF), la World Pole Sports and Arts Federation (POSA) ou encore l’International Pole Dance & Fitness Association (IPDFA), qui ont mis en place des codes de pointage complexes essentiellement pour les compétitions de Pole Sports, la codification s’uniformise de plus-en-plus et contribue ainsi à la professionnalisation de la discipline. Evidemment, puisque la pole est née et s’est d’abord développée dans les pays anglophones, les noms des figures sont généralement conservés en anglais.

cline 06825 webAujourd’hui, grâce aux efforts de ces organisations et de quelques autres qui ont vu le jour depuis, ainsi qu’à ceux de nombreuses danseuses et enseignantes (l’arrivée des hommes dans la pole dance est récente et encore timide) des écoles et des compétitions voient le jour un peu partout dans le monde. D’où la nécessité de fédérations et d’associations qui puissent aider à en réguler la pratique et l’enseignement en France.

La Délégation Française de Pole (DFP), créée en 2012 par des professionnels de la pole dans le but de réunir et de commencer à structurer les différents styles de la discipline, a organisé la première Compétition Française de Pole Sports, sous l’égide de l’IPSF, en mai 2015 au Gymnase Japy à Paris. La deuxième Compétition Française de Pole Sports s’est déroulée elle sous l’égide de la POSA, les 09 et 10 septembre 2017 au Palais des Glaces, toujours à Paris. La DFP est aujourd’hui officiellement affiliée à la POSA, et bien-sûr à la Fédération Française de Danse, puisque celle-ci a proposé aux pratiquants de les aider à structurer la pole sous son égide, apportant enfin à la pole la reconnaissance officielle qui lui manquait en France !

La pole, quel que soit son style et dans toute sa diversité et sa richesse, est maintenant prête à grandir véritablement...

Lexique :

  • Spins : différentes figures aériennes en rotation autour de la barre, utilisant la force centrifuge.
  • Tricks : figures acrobatiques sur la barre, inversées (tête en bas) ou non.
  • Transitions : mouvements de danse liant les figures propres à la pole dance entre elles, afin de créer des chorégraphies.
  • Combos : combinaison de plusieurs figures enchaînées.
  • Grip : prise sur la barre (des mains, jambes, creux du coude, aisselle…)
  • Spinning mode : mode rotatif, où la barre n’est plus fixe mais tourne librement sur son axe, dans les deux sens, en fonction de la poussée exercée par le danseur ou la danseuse.
  • Inversion : figure la tête en bas.
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